Home   Contactez-nous    
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   <= retour

(Article paru dans le journal Le Soir, le 31 janvier 2002 par Eric Burgraff. Photo: Humblet)

Luxembourg Conséquence inattendue des accords de la Saint-Polycarpe

L'Arelerland, cette minorité oubliée

Le vieux combat des luxembourgeophones du pays d'Arlon refait l'actualité. Avec cette fois un allié inattendu : les accords de la Saint-Polycarpe garantissant la reconnaissance des minorités.

En Belgique, il n'existe en fait qu'une seule « vraie » minorité : l'Arelerland, la seule région dont les autochtones parlent la langue du pays voisin, le Luxembourgeois. Ces propos ne sont pas de nous. Mais de Victor Hesse, qui les tenait dans un récent courrier des lecteurs du Soir. Ils résument en quelques mots le sentiment des défenseurs des luxembourgeophones, cette population autochtone répartie grosso-modo sur les communes de Fauvillers (partiellement), Attert, Martelange, Arlon, Aubange et Messancy, soit l'Arelerland. Il est né de la séparation en 1839 de la Belgique et du Grand-Duché. Pour souligner l'étendue du territoire, Albert Conter, président du mouvement culturel « Arelerland a Sprooch » a d'ailleurs des propos non équivoques : la région est limitée à l'est par le Grand-Duché, au sud par la France et à l'ouest... par la Wallonie.

Que nos éminences politiques se rassurent pourtant : les 20.000 luxembourgeophones n'ont pas de revendication politique. A l'exception toutefois d'un mouvement né lors des récentes élections communales : il plaidait pour un rattachement à la mère-patrie en cas d'implosion de la Belgique. On ne fera pas d'histoire  Nous sommes Belges et le restons. Pas question pour nous de revendiquer l'envoi de documents administratifs en luxembourgeois. Non, ce qui nous intéresse, c'est une reconnaissance officielle. Notre priorité : recréer un enseignement bilingue.

Les guerres mondiales perpétrées par l'Allemagne, et singulièrement la seconde, ont fait beaucoup... pour la disparition du Luxembourgeois. Au recensement de 1930, 80 % des habitants de Messancy déclaraient parler une langue germanique. Lors de la même opération en 1947, ils n'étaient plus que 9 %  Par patriotisme, les Belges du Sud-Luxembourg ont rejeté leur langue. L'impérialisme linguistique de la majorité a fait le reste.

Indirectement, le Grand-Duché est le meilleur allié des luxembourgeophones. La langue y est aujourd'hui, à côté du français, tout à fait officielle. Qui plus est, pour travailler de ce côté de la frontière (c'est le cas de 40.000 Belges), parler le luxembourgeois est un fabuleux atout.

« Par patriotisme, les Belges du Sud ont rejeté leur langue »

Tout récemment pourtant, un autre allié de taille s'est déclaré : Saint-Polycarpe soi-même  En échangeant les voix PSC contre l'engagement de signer la convention-cadre du Conseil de l'Europe pour la « protection des minorités nationales » (cf. ci-contre)... le monde politique belge a, sans vraiment s'en rendre compte, ouvert toute grande la porte aux revendications des luxembourgeophones. S'il y a bien une minorité nationale dans ce pays, c'est eux. Et c'est eux qui le disent  Par l'intermédiaire de Josy Arens - député d'Attert dont le savoureux accent luxembourgeophone est bien connu au Parlement - ils viennent d'interpeller Louis Michel à ce sujet. Qui n'a pas encore répondu. L'application de cette convention-cadre, et la mise à disposition de moyens qui en découleraient, pourrait constituer une ère nouvelle pour la langue luxembourgeoise dans notre pays, affirme le député. Et de réclamer d'urgence la visite sur le terrain de Nabholz-Haidegger, chargée par l'Europe de réaliser un rapport sur les minorités nationales. Ni plus, ni moins.·

 

(Intervention alas.be : Les recensements de 1930 et de 1947 avaient laissé le choix aux habitants de l'Arelerland entre le français et l'allemand (et non le luxembourgeois).  De nombreuses personnes avaient cependant déjà répondu "Letzëbuergesch" - luxembourgeois.)