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Non-assistance à minorité en danger ! (cliquez ici pour télécharger le texte en .pdf)
Non-assistance
à minorité en danger ! Nous
avons pu lire dans la presse les propos du vice-premier ministre Vande
Lanotte sur le rapport de l’experte du Conseil de l’Europe concernant la
ratification par la Belgique de la Convention – cadre pour la protection
des minorités nationales. Monsieur
Vande Lanotte explique que le rapport reconnaît que dans les matières fédérales,
il n’y a pas de minorités nationales puisque notre système juridique
comporte des mécanismes de protection. Mais de quels mécanismes de protection s’agit-il donc ?
Notre ministre voulait sans doute parler du statut juridique des
communes à facilités car aux dernières nouvelles aucun statut juridique
n’a réussi à protéger l’Arelerland.
Au contraire le système juridique et administratif en place a tout
fait pour développer une répression linguistique pro-francophone dans
notre belle région. Il faut bien comprendre le problème, alors que la Grande Région
SaarLorLux clame haut et fort qu’il faut apprendre la ou les langues du
voisin, et que l’Europe encourage l’apprentissage des langues, du côté
belge, tout fut entrepris pour que l’Arelerland passe du statut trilingue
luxembourgeois-allemand-français au statut de francophone unilingue.
Le Grand-Duché de Luxembourg n’a pas été aussi bête, il ne fit
qu’ajouter l’anglais à l’enseignement secondaire ! Depuis
l’après-guerre, tout a été mis en œuvre pour développer une politique
de francisation à outrance. Le pouvoir central ordonna de brûler en 1947 tous les livres
et manuels de cours en allemand (édités à Arlon, Namur et Liège avant
l’occupation allemande). L’enseignement
de l’allemand fut supprimé au fur et à mesure dans toutes les écoles
primaires de l’Arelerland. Il
fut interdit aux élèves de parler luxembourgeois dans l’enceinte de l’école
sous peine d’être puni (punitions corporelles ou psychologiques). De nombreux instituteurs trilingues furent déplacés dans
les Cantons de l’Est et remplacés par des instituteurs francophones
unilingues. La formation
bilingue d’instituteur pour l’Arelerland dispensée à Arlon et Virton
fut supprimée. Le catéchisme et la messe se font en français et non plus
en allemand. Et plus tard la section régendat en langues germaniques
d’Arlon fut fermée, etc etc… Le
résultat est simple, peu de personnes connaissent actuellement
l’allemand, mais malgré tout le mal qu’ils se sont donnés, nous sommes
quand même encore aujourd’hui 14.000 luxembourgeophones à avoir survécu
à la répression linguistique ! Monsieur
Vande Lanotte a ironisé en disant que le « seul danger » du
rapport en question, serait qu’il affirme que le luxembourgeois devrait être
reconnu comme langue. Bizarre, la majorité des politiciens locaux ont toujours
minimisé la situation linguistique de l’Arelerland, ou pire encore
certains ont même essayé de faire passer cela pour du folklore ! Le plus comique est que quelques
politiciens se rappellent quand même qu’ils parlent luxembourgeois
au moment des élections ou lorsqu’une délégation grand-ducale débarque
à Arlon. Comme quoi certains
évènements peuvent parfois rafraîchir la mémoire.
En tous cas nous voilà passé du statut folklorique au statut de
« menace » pour la situation linguistique de la Belgique ! Les histoires belges sont décidément toujours très difficiles à comprendre : l’Etat fédéral
considère que le luxembourgeois est un dialecte ou un vague patois
allemand, alors que la Communauté française reconnaît officiellement
d’un point de vue culturel, que le luxembourgeois est une langue régionale
endogène et d’un point de vue enseignement (cours du soir) elle considère
que c’est une langue étrangère, car c’est la langue nationale du
Grand-Duché de Luxembourg. Ce
qui est certain, c’est que les luxembourgeophones belges représentent
bien une minorité, et qu’il serait scandaleux et indigne pour la Belgique
de ne pas la reconnaître en tant que telle. De nombreux luxembourgeophones ont contacté ces derniers mois l’asbl Arelerland a Sprooch pour leur suggérer de constituer un dossier pour revendiquer nos droits à la Cours européenne des Droits de l’Homme de Strasbourg. Cette piste serait peut être, en effet, intéressante à exploiter…
C.
Heinen Arelerland/Belgique
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