![]() |
|
|||||
| Home | Contactez-nous | |||||
|
|
||||||
|
|
3 Questions à MANFRED PETERS Doyen de la Faculté de philosophie et lettres aux FUNDP (Namur) (article paru dans La Libre Belgique du 26 septembre 2003) L'anglais est plus fréquemment enseigné que le néerlandais comme première langue étrangère dans deux provinces de Wallonie. Quelle réflexion cela vous inspire-t-il ? Ce n'est pas intelligent du tout ! Et ce pour deux raisons. Primo, tous les jeunes vont de toute façon apprendre l'anglais. En prenant l'avion, en écoutant les chansons à la radio, en surfant sur Internet. L'anglais est dans l'air du temps. Secundo, l'élève qui apprend l'anglais a tendance à croire, à tort, qu'il n'est plus utile d'apprendre une autre langue. C'est évidement faux ! Le monde entier ne parle pas anglais ! De plus, on n'apprend généralement que l'anglais de base. Et avec un vocabulaire de base, on peut à peine se débrouiller, mais rien de plus.
Que préconisez-vous dès lors ? De choisir une langue difficile, comme première langue étrangère. Plusieurs études scientifiques l'ont démontré: l'apprentissage précoce d'une première langue étrangère se situe dans la même zone du cerveau que la langue maternelle. En s'y prenant bien assez tôt, on développe donc doublement cette zone. Avec un effet bénéfique à moyen terme pour la langue maternelle, contrairement à ce qu'on pense parfois.
Alors que les écoles primaires bruxelloises sont obligées d'enseigner le néerlandais avant les autres langues, les wallonnes ont le choix avec l'anglais et l'allemand. Faudrait-il changer cela ? Evidemment! Sinon, on fera une génération qui ne parlera plus que le français. En réalité, il faut offrir un choix, mais pas avec l'anglais. Je privilégierais clairement le néerlandais, l'allemand et le luxembourgeois, du côté d'Arlon.
|
||