Les dernières élections
ont vu la naissance d’un nouveau parti politique sur Arlon et sa région.
Ce parti a pris le nom de Rassemblement Luxembourgeois et cette dénomination
est en elle-même tout un programme puisque le but avoué de ce
groupement est le retour inconditionnel au Grand-Duché de Luxembourg en
cas d’éclatement de la Belgique.
Pourquoi nous en sommes
arrivés là et quel rapport avec Arelerland a Sprooch ?
C’est pourtant simple
dans la mesure où les statuts de cette A.S.B.L interdisent à ses
membres de faire de la politique active. Lors de sa création,
Arelerland a Sprooch se voulait avant tout être un groupe de pression
qui croyait bien ingénument que sous cette forme il arriverait à faire
évoluer les choses dans le sens qu’il souhaitait. Pour ce faire, à
chaque législature des contacts ont été pris avec nos politiciens
toutes tendances confondues et de chaleureuses au départ nos relations
avec cette catégorie de citoyens sont devenues plus que distantes
puisque le résultat de nos démarches a été nul sur toute la ligne.
Parmi tous ceux-ci il n’y en a d’ailleurs qu’un seul qui pendant
toutes ces années nous soit resté fidèle autant qu’à ses
convictions et il se reconnaîtra d’ailleurs facilement dans la courte
description ci-dessus.
Cette absence de résultat
est d’autant plus invraisemblable que parallèlement, ailleurs en
Europe, les particularismes ont été l’objet de toutes les
reconnaissances, il n’y a qu’à voir la façon exemplaire dont l’
Angleterre a traité l’Ecosse et particulièrement le pays de Galles,
au point de vue linguistique bien entendu. Ou faut-il rappeler tous ces
enseignants, fer de lance de la Communauté Française de Belgique,
envoyés tels des nouveaux croisés délivrer du joug de l’anglais la
jeunesse qu’elle soit de Louisiane ou du Quebec. A quand le politicien
suffisamment courageux et clairvoyant qui osera s’écrier haut et fort
sur la place Léopold à Arlon « Vive l’ Arelerland, vive
l’Arelerland libre » !
Dans le même temps, de
conclaves en réformes notre cadre de vie a été bouleversé à un
point que nous ne nous y retrouvons plus, je veux dire que nous avons
l’impression physique qu’il ne s’adresse plus à nous mais à
quelqu’un d’autre. Et c’est d’autant plus vrai puisque la réforme
de l’état a été créée par des Flamands et des Wallons pour des
Flamands et des Wallons et que nous ne sommes pas l’un pas plus que
l’autre malgré les efforts de ces derniers pour nous annexer, je
devrais dire nous digérer.
Et ainsi 25 années
sont tout doucement passées, à nos enfants qui ont grandi sont venus
s’ajouter nos petits-enfants et ce qui n’a pu être fait pour les
uns ne l’a certainement pas été pour les autres.
La lente érosion du
nombre des luxembourgeophones se poursuit en même temps que l’exode
de ce qui constituait les forces vives de notre petite région. Quand ce
n’est pas vers l’intérieur du pays c’est vers le centre de la
province, c’est la nouvelle mode, que s’en vont les ateliers du
chemin de fer, Tempels, Hanin-Gilles, Courthéoux, S.B.T., B.B.L., Société
Générale , C.G.E.R., Belgacom, Electrabel, les Ecoles Normales du
libre et de la communauté française, les marchandises de la S.N.C.B.,
les trois-quarts des garnisons de Stockem et d’Arlon …. etc, la présente
liste n’est pas exhaustive !
A ce propos il serait
bon de s’interroger pour savoir dans quelle mesure le déclin économique
d’une région n’est pas fonction de son déclin culturel.
Voilà où nous en
sommes et voilà pourquoi en désespoir de cause nous nous sommes résolus
à quelques-uns à présenter la liste « Rassemblement
Luxembourgeois » aux élections du 8 octobre 2000 laquelle liste a
voulu, en même temps que frapper l’opinion publique, donner une réponse
significative aux idées rattachistes wallonnes d’une annexion par la
France.
Et là, à nouveau,
mais pour la galéjade, tous les espoirs nous sont permis puisque de
l’aveu de politiciens du parti le plus important de la place c’est
exactement leur programme que nous avons repris. On croit rêver !
Mais basta,
l’adoption de la démarche politique pour imparfaite qu’elle ait été
au départ nous a permis de faire le constat que la jeunesse qui nous
fait si cruellement défaut dans notre mouvement culturel se
mobiliserait plus facilement sur un projet politique. C’est à quoi
nous allons nous employer pendant les 6 années à venir et pour cela
nous sommes ouverts à toutes suggestions et à toutes formes d’aide
sous quelque forme que ce soit, c’est qu’il nous faudra de
l’argent si nous voulons entreprendre une action à Strasbourg auprès
de la Cour européenne de Justice pour non-respect du droit
communautaire par la Belgique.
Puisque la classe
politique au pouvoir ne nous laisse pas d’autre choix, notre
contentieux avec la Belgique va être géré d’une façon plus
"hard" et nous espérons la faire condamner d’une façon
exemplaire devant l’opinion européenne.
Duefir 25 Jör duerno.
LOUTSCH GABRIEL
Cofondateur du
Rassemblement Luxembourgeois