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Une minorité snobée? Victor Hesse Madame Nabholz-Haidegger (rapporteuse spéciale de l'assemblée du Conseil de l'Europe) a donc fait le tour des minorités en Belgique. Mais il n'y en a pas, puisque tous les habitants parlent une des langues officielles du pays… En Belgique, il n'existe en fait qu'une seule "vraie" minorité: il s'agit de l'Arelerland (pays d'Arlon), la seule région dont les autochtones parlent la langue du pays voisin, le luxembourgeois. Que nous ayons été "oubliés" dans cette tournée des popotes est une preuve supplémentaire, s'il en fallait une de notre minorisation! Depuis 1839, quand la zone frontalière, de Martelange à Athus, a été annexée à la Belgique, le pouvoir central, et plus encore, régional, n'a cessé d'étouffer notre culture. Aujourd'hui, à nouveau, ils nous ignorent, dans le sens le plus dédaigneux du terme. Madame Nabholz-Haidegger ne nous a pas vus! La faute au gouvernement bien sûr, qui ne lui a pas montré le chemin, mais aussi à nos représentants (oui, nous en avons). Mais n'étant pas nés ici, se sentent-ils concernés? Ils n'égalent malheureusement pas les frères Happart qui s'y connaissent pour faire mousser la fouronnaise! Les dirigeants du Grand-Duché n'osent pas non plus s'impliquer dans notre combat, contrairement aux Wallons en faveur des Québécois. Que les politiciens se rassurent, nous serons bientôt (enfin?) assimilés. Un prêtre du Namurois considère déjà que les immigrants de l'Arelerland, partis aux États-Unis à la fin des années 1800, sont des Wallons. Si leurs descendants, là-bas, ont gardé quelque souvenir de la langue de leurs aïeux, ce sera du luxembourgeois évidemment! Ah, si nous étions "différents" comme les Papous ou les femmes-girafe en Thaïlande, nous serions visités par les touristes et peut-être nous aurait-on montrés à Madame Nabholz-Haidegger! Cette lettre a été
publiée dans Le Soir du 11/10/01
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